4 avr. 2008

quelle histoire !

Bonjour,

Les jours passent et ne se ressemblent pas, hier j'étais en Provence dans la douceur et la zenitude, et aujourd'hui c'est le bruit et la fureur...

Un incident vient de se passer à l'école et du coup Seb et moi nous nous posons beaucoup de questions...

Une petite fille de la classe de Liam aurait été bousculée par une enseignante... C'est au conditionnel, car si je crois la maman, ce type d'info et surtout son degré de gravité est à prendre avec beaucoup de précaution. La maman en question est effondrée et je la comprends. Il est à noter que c'est une autre enseignante qui rapporte l'incident...

Loin de moi l'idée de porter un jugement, je n'étais pas directement témoin, mais cela pose le problème du rapport que les enfants peuvent avoir vis à vis de la sanction. En tant que pédagogue, je suis toujours très choquée de savoir que des adultes perdent leurs nerfs sur les enfants. Ce que l'on fait en tant que parents n'est pas pareil nous sommes dans l'affectif, l'éducation, l'immédiateté... Je suis choquée lorsqu'un profesionnel se laisse aller à un comportement agressif vis à vis d'un enfant ou plus largement de quelqu'un sur qui il a autorité.

Mes enfants, dieux merci, ne sont pas concernés mais des choses me gênent dans cette école.
Les mails c'est : dear customer - c'est dur ! nous sommes dans un degré de mercantilisme très difficile a supporter pour une française.
D'autre part les parents peuvent s'inviter dans une classe et suivre le cours puis demander des comptes au prof... Deux enseignantes se sont faites virées de cette façon.

Si je pense qu' en tant que parents, nous avons notre mot à dire sur la qualité de l'enseignement je suis plus dubitative sur notre degré à évaluer une pratique pédagogique.

A priori le rapport à l'argent est omniprésent et l'enfant est un client, pas un élève... Ce qui d'autant plus bizarre me direz-vous pour l'incident que je rapporte.

Mais il y a un lien, le rapport est si tendu - on ne doit pas perdre un client - qu'il n'y a plus le recul nécessaire à l'approche systémique de l'enfant.
L'état de stress de l'équipe éducative est tel qu'elle ne peut plus prendre l'enfant dans sa globalité et relativiser les incidents afin de se mettre dans une position d'arbitre.
Le trop est l'ennemi du bien et en voulant tout régenter on se retrouve dans une position ineverse à l'effet recherché.

Cela relance la vieille polémique de la place du parent au sein du système enseignant - doit'il être consommateur, acteur ou spectateur séparant education et instruction ?..

Je ne pense pas que je résoudrai la question, surtout pas ce soir...

Passez une douce nuit, une belle journée et cogitez pour me livrer pleins de commentaires qui éclairerons ma lanterne...

3 commentaires:

Marie a dit…

Je suis désolée de lire ça.
Désolée que les enseignants soient toujours amenés à la violence. Qu'elle soit physique ou verbale, nous vivons dans une société où on ne respecte pas le rythme de l'enfant; Il faut qu'il soit performant, qu'il ait de bons résultats; il a une pression terrible sur les épaules et tous les éducateurs aussi (enseignants + parents). Les instits doivent avoir fait tout le programme à la fin de l'année car sinon la honte s'abattra sur eux! Alors ils se dégagent de leur responsabilités, confiant le travail aux psy et orthophonistes. Pourquoi cette situation touche particulièrement la France? Car dans l'hexagone c'est pratiquement impossible de réussir sans diplôme et les diplômes sont donnés à des théoriciens. Regarde le recrutement des enseignants est un excellent exemple. J'ai une amie anglaise qui adore les enfants, elle a du mal à avoir son CAPES, même l'anglais est difficile pour elle! Elle doit apprendre une vingtaine de livres!
Le jour où on comprendra que l'intelligence,l'esprit d'initiative et les capacités d'adaptation ne s'apprennent pas par cœur, la société française consommera peut-être moins de tranquillisants.

veronique a dit…

Je suis entièrement d'accord avec toi sur la nécessaire maitrise que des professionnels doivent avoir avec leurs élèves et ce que tu racontes me fait penser à des amis qui ont leurs enfants dans une école Steiner, en France où les parents paient et certains ont tendance à penser qu'ils ont le droit d'être très présents et peut être trop selon moi. Ces amis me racontent souvent des problèmes entre les enfants, entre enseignants et enfants, qui prennent très rapidement des proportions énormes et qui peut être existent dans d'autres écoles mais restent dans l'enceinte de l'école car les enfants ne racontent pas tout et parfois heureusement. J'ai 3 enfants, qui sont sortis de l'école primaire et qui ont fréquenté des écoles diverses et variées, dans le public dans plusieurs régions mais j'ai toujours respecté le lieu de l'école comme un lieu qui ne m'appartient pas où il y a des règles, des jeux et des enjeux dans lesquels on a peut être pas à entrer en tant que parents (tant que ce n'est pas grave bien sur et que l'enfant n'exprime pas de souffrance ou de malaise).Ce que tu racontes est raconté par une autre instit, quel intérêt a t'elle à faire cela ? Est ce la réalité? Prendre du recul me parait intéressant en restant vigilants..Bon courage et bon week end..oubliez l'école.

Maryline a dit…

Drole d'histoire, surtout quand on pense qu'elle est rapportee par une autre enseignante (n'y a-t-elle pas un interet?). Qu'a dit la petite fille, elle? A-t-elle explique l'evenement a ses parents?
En tous les cas, au stade du Daycare car Adrien n'a que 2 ans, je partage ta gene concernant l'enseignement payant ici aux US.
Je trouve que ce rapport, client/enseignant n'est pas tres sain et conduit (outre la culture locale, mais je n'insiste pas sur le sujet) a un grand manque de franchise dans les relations.
Par exemple, dans ce daycare, en cas d'accident (bosse, ...), un rapport ecrit est redige par la maitresse et doit etre signe par les parents. Je me rends compte maintenant, avec le recul, que plus qu'un moyen juridique de preserver l'ecole contre des recours eventuel (quel valeur un document redige unilateralement pourrait-il avoir), il s'agit d'obliger les enseignants a rapporter l'evenement et a regler le pb directement avec les parents (sans la direction).
Du coup, la maitresse est evidemment tentee de raconter des mensonges... Aujourd'hui justement j'ai du signer un rapport de ce genre car Adrien a une belle bosse. Il aurait ete frappe avec un carton par un autre petit, uhmmm permettez moi de douter!
Du coup, tu brodes, tu doutes et tu perds confiance.