20 févr. 2012

American business model

S'il y a une chose que je vais regretter aux États-unis (outre mon palmier) c'est bien la notion de business. On peut dire que j'ai appris ici à faire des affaires.
Je vais vous conter une anecdote qui résume parfaitement ce que ça représente...

Lorsque nous avons acheté notre maison, nous savions que nous devrions refaire le toit plus ou moins rapidement. Plusieurs tempêtes de sable plus tard, et comme nous prévoyons de louer notre maison, nous avions fait faire un devis. 8 000 $ !&?%$/ c'est cher !!!!! Bon on va peut-être attendre un peu... et économiser !

Un soir je rentre, et un charmant monsieur, très jovial se présente et me sort : Bonjour je m'appelle Ray, je suis couvreur et je peux vous refaire gratuitement votre toit !
C'est cela oui !!!! Tu me prends pour une truffe ? pense-je
Ah et comment réalisez vous ce miracle ? Répond-je à haute voix.
Nous travaillons avec les compagnies d'assurances, qui reçoivent tous les ans des enveloppes du gouvernement pour les catastrophes naturelles. Ils ne les dépensent que si vous faites appel à eux et si vous pouvez prouver à l'expert que les dommages proviennent en effet de la catastrophe. J'inspecte votre toit, je reviens avec l'expert que j'accompagne, puis je vous fais un devis, et vous me donnez l'argent de l'assurance, une fois le travail terminé...
Hummmmm ouais, peut-être je ne sais pas. Laissez moi votre carte je vous rappelle.

Mon chéri en parle avec des collègues (c'est pas le genre de conversation qu'en tant que nana je peux avoir...) qui lui disent : go ! C'est légal et ça marche.

On rapelle Ray. Qui en effet s'occupe de tout. Et là on se rend compte que même si on passe toute notre vie aux States on ne pourra jamais faire la même chose. Il a tchatché en small talk (petite conversation de tout et de rien hyper important dans les relations) avec le type au bout du fil. Ils se sont raconté leur dernière partie de pêche, ce que leur femme faisait à diner (l'autre était en Utah, donc la aussi trés conservateur), l'age des enfants, le temps comparé et le nom du meilleur bar à bière à Salt lake city et Phoenix... En même temps la «claim» plainte était ouverte et le rendez-vous avec l'expert pris pour le surlendemain. En s'excusant que comme il était trop tard il ne pouvait pas passer le lendemain...
La procédure s’enclenche et tout se déroule sans anicroche... Sauf !
Que les tuiles n'étaient pas réglementaires et que donc Ray a poussé une grosse gueulante américaine : I am very desapointed ! L'autre du coup a refait le toit sans moufter, et avec des tuiles de meilleure qualité...

Le tout sans que nous ayons à débourser un seul centime ! Le prix de l'assurance devant surement grimper l'an prochain, mais nous aurons changé de police...

Moi je vous le dis : le jour ou je fais construire en France, j'embauche des artisans américains !!!!



(J'ai de très mauvais souvenir de construction en Haute-Savoie C'était absolument pareil que dans le sketche !!!!)

Bises de Nathsousuntoitneuf





6 commentaires:

charles a dit…

Bof. En France, on nous traite d'assistés, mais je vois qu'aux États-Unis, c'est la même chose (vous êtes assistés).

Et c'est parce qu'il y a de tels comportements que les assurances sont si chères.

Il ne s'agit pas de business, juste d'une arnaque. Pas de quoi être fier.

nathinphoenix a dit…

Cher Charles - Bienvenue sur ce blog et merci pour ce commentaire très sympathique. sachez que ce n'est pas une arnaque (je suis Suissesse et me traiter de malhonnête est une grave insulte) car les assurances sont au courant, acceptent la chose et même nous ont demandé le devis du couvreur afin d'être bien sûr que nous n'empochions pas l'argent sans faire les travaux. Alors avant de me traiter de voleuse je vous prirai de tourner 4 fois la souris sur son tapis. Cordialement.

The Global Family a dit…

En ce qui me concerne, c'est le sens du service a la clientele qio m'enchante autant qu,ici qu'au Canada. On peut echanger des produits souvent sans le bon de caisse sans se faire engueuler, par exemple. Et les heures d'ouverture des épiceries!
(et j'aime ta replique a Charles qui n'a certainement pas encore eu la chance de te rencontrer! Bisous.

ALAIN a dit…

Malheureusement, quand on ne paye pas quelque chose, c'est parce qu'il y a quelqu'un d'autre qui le paye.

charles a dit…

Désolé si je vous ai vexée (mon commentaire était un peu provocateur).

Ce que j'appelle arnaque n'est pas forcément illégal.

Plein de millionnaires et milliardaires échappent aux impôts en utilisant les lois avec des armées de comptables et juristes spécialisés : c'est totalement légal, sinon il serait facile de leur demander de cotiser à hauteur de leur fortune. Il n'empêche que c'est de l'arnaque ; ça s'appelle profiter du système.

Je compare juste deux systèmes d'assistanat. Ne pas payer son toit s'il n'y a pas dégât climatique ou d'accident reconnus comme tels par l'assurance : est-ce du business ?

J'appelle pour ma part business la création de richesse, c'est-à-dire inventer et/ou produire un bien que va acheter la population, ce qui signifie une part de risque - et pas le risque sous assurance de l'État, justement, comme on le voit avec les dettes européennes : les prêts sont précisément élevés parce qu'il y a une prime de risque importante. Ça se casse la gueule, et il serait logique que ceux qui ont prêté fassent jouer cette assurance, mais en fait ils demandent à l'État de venir à leur secours : le beurre et l'argent du beurre, voire plus, au détriment des peuples, qui paient deux fois et plus encore (la prime de risque élevée et la faillite). Là, il n'y a pas création de richesse, il y a déplacement de la richesse d'un portefeuille à un autre - les impôts vont à des intérêts privés. À côté de ces profiteurs (en toute légalité), il existe des businessmen de génie, qui créent vraiment de la valeur. La situation que vous appelez business, je l'appelle arnaque. Qu'elle soit légale ou non... ça n'est pas le problème.

nathinphoenix a dit…

Cher Charles, Brisons là car je suis d'accord avec vous. Mon propos n'éatait semble t il pas assez clair. Il y avait des dégats (j'ai des photos ! ;) )... Ce n'est donc pas une arnaque. Juste que si on ne demande rien on a rien. Pour les impots je suis on ne peut plus d'accord. J'ai eu maintes fois l'occasion de défiscaliser, je ne l'ai jamais fait.
J'ai la possibilité de garder mon entreprise aux states et de ne rien déclarer en France. Je ne le fais pas car je paye des impots dans le pays ou je réside, c'est un principe de base chez moi.

La je parle de service. Tout le monde (y compris l'assurance) y trouve son compte. Il faut également comprendre que le systéeme américain privilégie le business sur l'impot. Ce n'est pas mal ou bien c'est comme ça.
Ce toit avait été endommagé et le couvreur n'a fait que me mettre au courant de mes droit et m'a assiste (en effet, mais plus en tant que service) pour les démarches vis a vis de l'assurance. Aprés c'est l'expert qui a librement déterminé que le toit avait en effet subi des dégats et que nous rentrions dans les critères de remboursement.
Ce n'est pas systématique. D'autre part personne ne s'amuserai a duper les assuarnces car le mensonge est un crime aux states.
Voila j'espère avoir été plus claire sur le fait qu'il n'y a aucune arnaque a aucun niveau.
A bientot - Nath