27 janv. 2010

C'est moi ou quoi ?

Je souhaite vous poser une question.

Est-ce que je dramatise a outrance le fait que l'ecole de mes enfants a subi un lockdown drill ?

C'est a dire qu'un individu arme a ete signale dans les locaux, et que l'alerte a ete donnee, puis les enseignants se sont enfermes avec les enfants dans les classes, en attendant la police.

Pas de blesses, l'individu en fuite, la police presente dans l'ecole, et une lettre de la principale, informant d'une "police situation in the area". (j'adore les expressions hypocrites americaines !)

Donc ma question est : est-ce normal que je sois choquee ?
Un papa, Iranien, lui aussi etait choque, mais les enseignants non, les autres parents non plus...

Je vis dans une banlieue plutot chic de Phoenix, pas le downtown ou les bas fonds de Mesa. Je croyais connaitre des endroits "dangereux" en France - mon metier m'ammenait a frequenter des endroits et des gens consideres en France comme pas frequentables, mais qui, ici, seraient consideres comme des enfants de coeur.
Les quartiers dit chauds de nos banlieues ne sont rien face a ce qui se joue aux Etats-unis, et plus largement sur tout le continent americain.

Mon amie Holly, le jour de Thanksgiving nous disait, qu'elle aimerai demenager mais que le chomage de son mari l'empechait pour le moment. Nous lui repondions que sa maison est jolie et qu'elle a le temps.
"sauf que la rue n'est plus tranquille, il y a un labo de drogue clandestin chez nos voisins, et les dealers de la ville viennent faire leurs emplettes, on a peur d'une balle perdue, surtout pour nos enfants" " vous reprendrez bien de la dinde ?"
Le tout sur le meme ton, le meme detachement, la meme habitude...

Mes copines sud-americaines, bresiliennes, colombienes, venezuelienes, me disent leur bonheur d'etre dans un environnement "safe", securise... Que ? seguridad ? Aqui ?
Mais oui, a Sao Polo, Bogota ou Caracas on ne s'arrete pas aux feux rouge dans certains quartiers, on ne peut pas se promener dans la rue avec un truc de valeur ou un ordinateur portable. Sandra, la colombiene, donne les tarifs des tueurs a gage, qu'on embauche aussi facilement, selon elle, qu'un jardinier... Alors oui ici c'est safe...

Meme si Phoenix est la seconde ville au monde ou il y a le plus d'enlevement... Et Fox, la chaine de tele, qui passe en boucle tous les reglements de compte des trafiquants en tous genres ne fait rien pour diminuer ce sentiment de peur.

Je rigolais des Take care, que tout bon americain se doit de dire en guise d'au revoir. Mais peut etre on t'ils raison? Il faut faire attention.

La difference du degre de violence entre les Us et la France est bien reelle. Et je dois avouer que je n'etais pas preparee a cela, pas plus qu'a voir des gens se balader, comme dans les westerns, avec un gun a la ceinture...

Alors, est-ce que je dramatise ?

Bises de Nath in gangsterland

4 commentaires:

the tagada a dit…

non tu ne dramatises pas , l'ecole a eu une campagne de lockdrill , en prevention, ca m'a choquee , mais que moi....
je n'imagine pas si cette situation devait arriver, je prends le 1er avion !!!

j'ai vecu dans les quartiers populaires de Marseille pd mes etudes, je n'ai jamais eu peur, jamais eu a subir de violence
j'ai vecu au cameroun, pays repute pour sa violence due a sa pauvrete et raciste envers les blancs,
je n'ai jamais eu peur

peut etre est ce parce qu'a prsent on a des enfants, on ne craint pas pour notre vie mais pour la leur...

mais parfois je me dis que quand meme les ricains ont un grain....

tient un exemple qui est plus leger mais qui m'a laissee perplexe
je faisais la remarque a une amie ricaine que je trouvait bcp de tissu bio pour l'ameublement et tres tres peu pour les vetements
et elle me sort que c'est tres important que la maison respire la sante et soit sans produits chimiques , que l'air que l'on respire soit sain
et que les vetements c'est pas pareil, notre corps est impermeable aux microbes et produits chimiques utilises dans le tissu car on se lave avec du savon americain , la peau est protegee....

je suis encore pantoise....

ms a dit…

La bonne européenne que je suis dramatiserai aussi. Normal avec notre culture, expèrience et bagages. Mon beau-frère et ma belle soeur vivent au Venezuela, ils ont envoyé les enfants au Panama pour des raisons de sécurité ! Ça leur semble normal, à moi pas, une fois encore le vécu, l'expèrience, les bagages ! Ce qui ne serait peut être pas normal, c'est que ça ne te choque pas !

Montana a dit…

Je ne pense pas que tu dramatises car tout est relatif.

En effet, aux US, depuis que les colons ont conquis le grand Ouest, la culture du colt à la ceinture fait partie de l'Histoire et la législation autorise les armes à feu (ce qui ne signifie pas que j'approuve). J'ai également été choqué quand, un jour à Atlanta, alors que je voulais acheter un sac dans un surplus de l'armée, un monsieur correctement vêtu et son épouse sont entrés dans la boutique et ont demandé un holster pour son flingue. Quand le vendeur a demandé au monsieur de le lui montrer et que j'ai vu la taille du bestiau en me disant qu'une de ses balles te fait un trou large comme une assiette, mon coeur a fait un rapide aller retour entre mes western boots et le bord de mes lèvres. Et c'est là que ça devient relatif.

En effet, en France, nous n'étions pas habitués à la violence que nous connaissons aujourd'hui d'autant que la loi a toujours interdit le port d'armes depuis l'interdiction des duels sous Richelieu (1626) sauf s'il est réglementé. Imagine donc le degré de stupéfaction quand la violence a explosé ici en moins de vingt ans, et ça ne touche plus seulement la banlieue désormais (argument trop facile) même si on sait que c'est bien là que se déroulent les plus mauvais western à la "française" où on va jusqu'à tendre de vrais get-apens aux médecins, aux pompiers et à la police, tirés comme des lapins avec de vraies armes qui tuent. Les malades ne peuvent donc plus être secourus dans de graves cas. Maintenant, ce sont des bagnoles incendiées même dans les beaux quarties au moment des fêtes, des magasins saccagés idem, sans compter les agressions gratuites de plus en plus violentes en plein jour dans les transports sans que leurs auteurs en soient inquiétés car rarement chopés en flagrant délit. Pas besoin d'une arme à feu pour être choqué car quand on voit des petits marlous balancer des coups de pieds en pleine face à un voyageur ou un promeneur pour lui voler, là son PC portable, là son téléphone mobile ou son portefeuille, c'est aussi gerbant.

Alors, oui, cette violence dont nous n'avons pas l'habitude en France est encore relative, comme tu dis en regard de certains pays d'Amérique du Sud. Je me souviens encore, il y a qq années, on pouvait encore se ballader à Ciudad Juarez, à la frontière mexicaine (hiver 2000 avec ma fille) même si c'était déjà craignos. Aujourd'hui, les commerces ont pratiquement tous fermé, les touristes ne s'y rendent plus, et c'est la guerre des gangs permanente où les représentants de l'autorité sont des cibles de choix quand ils ne sont pas eux-mêmes corrompus.

Alors profite un max de ton quartier chic même si parfois il te choque ;)))

Sandrine a dit…

La difference est qu'en France la violence est aussi quotidienne dans certains quartiers...que nous ne frequentons pas. Ici, elle est elargie a tous les quartiers, a moins de vivre dans un "protected neighborhood" entouré de murs et gardé a l'entrée...mais ca fait un peu ghetto non? et les ecoles de toutes facons sont en dehors de ces quartiers. La High School ou ma fille a failli aller a connu recemment un meurtre d'un eleve par un autre eleve...ca arrive aussi en France....mais plus souvent dans les quartiers, là encore, ou a le choix de ne pas mettre nos enfants...